jeudi 14 février 2019

mercredi 13 février 2019

Séance

ce n'est pas seulement le bruit métallique d'une résistance qui heurte une résonance  sur la porte il y a des broderies de paroles au fil de fer qui chahutent quand on tend l'oreille   quelque chose fait écho par ce soulèvement d'arabesques   l'image tourne et retourne comme un sautoir de perles sanguines qui dans sa tourmente souligne un fer de lance   l'onde acoustique entre dans son origine  traverse le coeur épais  on entend des nuits entières de silence mais ce qui est or rouge chuchote dans ses sillons   on répète des nuits entières de silence et de sursis dans une poignée en lambeaux   encore  elle s'assourdit de tout ce vacarme sentimental


samedi 9 février 2019

Man

                Als Frau weiß man, wie man heute aussieht.
                       Une femme sait tous les jours à quoi elle ressemble.


      Herta Müller, Heute wär ich mir lieber nicht begegnet / La convocation


vendredi 8 février 2019

Couture




Incomplétude

un air de balade insufflé par une conjuration  mais ni envoûtement ni allure d'influence  un air en marge de soi  clairement la poésie se frayait un nouveau lieu   c'était un matin encore ardoise  le chant habité de l'oiseau revenait à la même place qu'il s'était fait sur le ramage conditionnel de l'arbre
― une évidence ? ― non !   
quelque chose se transportait par la lecture aérée de l'incomplétude  un quartier de lune maudit avait ri au nez des astres  le temps d'une absence  un souffle conscient se découvrait   c'était un fait indicible à une heure crayeuse contre toute attente  sur le tableau noir de l'expérience


dimanche 3 février 2019

Vases

Though her lips are vague as fancy
In her youth ―
They bloom vivid and repulsive
As the truth
Even vases in the making
         Are uncouth.

                                 Si ses lèvres ont le vague d'un songe
                                 De jeunesse ―
                                 Elles fleurissent vives et répulsives
                                 Comme le vrai.
                                 Les vases aussi quand on les fait
                                               Sont grossiers.


                  Djuna Barnes, Seen From the " L" / Vue depuis l' "L"


       

samedi 2 février 2019

vendredi 1 février 2019

Le point ému de la figure

tu quitteras mon paysage  tu ne lui emprunteras plus ni l'air ni l'odeur  pas le moindre petit passage de jeu dans le nectar d'une terre  dans le délire de l'horizon les heures froides ruissellent   tu te couvriras du sang-mot sur une route plus accidentée que mon usine à lettres  la vitesse du corps dévorera la veine de ton costume d'homme   tu disparaîtras de ton cortège mirage et sous ton lampadaire malade il ne restera que des vers blancs réprimés comme toutes les infimes lucioles de la folie   l'énergie de la nuit délirée aussi   tes hauts silences seront entrelacés à l'écriture indélébile de mes gestes    tu liras la présence de ton absence  la falaise de tes mensonges  tu t'essaieras une charade humaine  les souvenirs en rafales   sans le savoir tu légitimeras mon entêtement son vrai visage et son verbe nu  tout l'intérieur de mon sommeil s'éloignera de toi et je me réveillerai la fièvre nouvelle, gardée de délicatesse et d'une joie excessive



vendredi 25 janvier 2019

Imagine





                                 Florence #  01│02│03  [I.19]



Petit

J'ai les bras douloureux et alanguis
par un désir inepte d'étreindre
quelque chose de vivant, que je sens
plus petit que moi


         Antonia Pozzi, Solitude


mercredi 23 janvier 2019

Neige (écheveau féminin singulier )






                                           neige # 01│02│03



Armée

peut-être parce que je suis née pour rester en moi au lieu de vivre  le passé sert de branche sur laquelle j'observe le présent  dès l'aube j'oppose les sens perdre et garder   la vue d'une histoire à la hauteur    je me fonds à l'écorce de mon semblable — comme ça — je cache les paupières cristallisées par le rêve d'enfant   des yeux couleur armée


dimanche 20 janvier 2019

Fragrance




Chair

Elena, assise au milieu de ses horoscopes, avec des étoiles noires au-dessus de sa tête, des étoiles qui se frayent un chemin dans sa chair, sa chair dorée par le soleil [...] Elena, qui me dit qu'elle va me peindre en Daphné se métamorphosant en plante. Elena qui reprend exactement mes mots : « Il y a tant de gens qui disent des choses que je n'entends pas, et dont je ne me souviens pas.»

                                      Anaïs Nin, Le feu
                                      [20 janvier 1937]


vendredi 18 janvier 2019

Générique




Fragile

il faut partir où aller  par la beauté et par les signes  comme une longue phrase inapprochable  muette la poudre cendrée  infime des entrailles  sortir du décor tissé de pierres   tailler l'ouverture après la série de nouages  mais avant écouter le râle des illusions vermeilles   imprenable brûlure   lire la citation et la main du regard   ce que nous ne pouvons écrire   elle devenue sans l'autre — revenante ou telle — quelques feuilles patientes dans une cavité    et son récit fragile


mercredi 16 janvier 2019

Invisible




Nord

mein Kleid erregt Spott und Gelach
mich bedecken Nordlicht und Stern

                           ma robe suscite une railleuse allégresse
                           seules me couvrent la lumière du Nord et son étoile


              Helga M. Novak, von sehr großer Not / d'une très grande détresse 



mardi 15 janvier 2019

dimanche 13 janvier 2019

Corps

j'aime le matin  c'est une image récurrente qui le rend visible  c'est aussi le corps encore allongé quand la nuit reste encore un peu  la rondeur de la pénombre lovée au nouveau jour  un pan de liberté gonflé de mélancolie  les bras levés les mains en tête de cygne   une absence arpentée près du cou   la contradiction de l'imagination là où il y a l'oubli du jeu  la réalité consistante à l'esprit   le mince symbole manifeste  chacun de nous dans la mesure d'ombre et de lumière et l'immensurable bruissant à l'épreuve   quand chasser l'onde livide par les palmes exprimées la nuit  le corps le matin toujours à sa place a son habitude