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dimanche 14 avril 2019

Pudeur

Elle n'était pas chercheuse. D'ailleurs, cela faisait plusieurs années qu'elle avait laissé l'idée et l'intrigue s'enchevêtrer au néant. Non, elle ne cherchait plus, la passion avait quitté le corps et en elle, la voix s'estompait. Tout à l'intérieur comme décomposées, les perspectives d'avenir se disputaient l'absurde. Cela devenait un aveu indésirable en matière de sens. Elle n'était pas non plus une formidable figure de proue sous le beaupré d'un nom. Chaque mouvement visible était orphelin. Personne donc, pas même l'écho de sa propre parole, ne répondait à la danse des sentiments. Quand il pleuvait, elle volait au vent comme un oiseau en ville, suffisante et trempée au-dessus des ruisseaux. Quand l'attente - par signes - était trop longue, elle cachait la détresse sous la pudeur du texte


samedi 6 avril 2019

Contradiction

l'obsession devait tourner rance   les phalènes en papier ont aguerri l'habitude  c'est la certitude décomposée qu'il fallait sentir  d'une parole à l'autre  dételer le désir des choses troubles mais tout au fond c'est une aporie  ce qui après le lever du soleil devait s'incarner en d'autres termes  d'une jetée de mots le droit à la contradiction


vendredi 29 mars 2019

Lumière

je relève la tête  la lumière en chemin est invisible  toutes les lumières désirables sont de toute façon invisibles  le poème s'effrite sur le chemin de cette invisibilité  une chanson fait la boucle sur un bout de film inversible  il y a des coupures d'images encore muettes comme des lamelles noires qui pourraient habiller mes paupières et me cacher de cette lumière froide


vendredi 15 mars 2019

Film

partir de la terrasse  mi-ruine mi-nébuleuse  à cet endroit ce n'est plus qu'une levée de terre battue par-delà les armées hagardes  c'est aussi l'étrange d'une forme inéluctable réfléchie à elle-même  l'ultra-violet du paysage est sans limite  en somme rien n'est plus sensible et se transcrit ainsi  les aurores magnétiques sont devenues l'oubli  dans les trains de nuit le gouffre a pesé sur le rêve et c'est ainsi  quelque chose part et emporte les corps écaillés  il reste seulement une compagnie intouchable sur le flanc des lèvres  telles des miettes et des poussières  le film invisible du premier cri


dimanche 10 mars 2019

Zone

Encore quelques mots photographiés du débarcadère  mais sans écriteau annonciateur  on ne verra plus de lois physiques sur la jetée   un corps n'a plus de nom  la charpente de l'endroit est d'une telle façon  dressée en mine lumineuse  elle tamise goutte à goutte l'écoulement de l'algèbre amoureux  et chaque goutte promène sa barque  impérieuse et destinée  derrière la force du soulèvement du coeur  le bruit bas de l'île ne se nomme plus  c'est une excursion en zone intérieure


dimanche 3 mars 2019

Mars

un bruit sec puis le silence précipité  sous la nuit frileuse où rien n'échappe aux sens  des sarments de coeur se brisent  l'histoire éperdue gagnée par Mars ne sera plus un jeu  au fond de cette imagerie sentimentale on ne pourra voir qu'un amas de fibres tortueuses qui sous la forme d'un nid paisible aura consenti à l'enfer  à tailler en allumettes le tapis de feuilles manuscrites  à mettre l'amour au carreau pour dépeindre la vie


mercredi 27 février 2019

Volute

je sais l'ombre descendante  je sais l'éclat net au beau milieu d'un passage   ce qui arrive à la surface quand il a plu dans la lumière des jours fébriles  regarder la faille jusqu'au déchirement  des heures chiffrées qui s'effacent derrière la ligne d'horizon  une volute en trajectoire  ni trace blanche ni corps modelé à la sortie


vendredi 22 février 2019

Double

Oublie-moi en passante sur les lattes d'une clôture  n'entends-tu pas la musique du silence parcourir tes organes ? j'étais morte sur images dans un écrin de souvenirs  dedans l'air était aride  en manque de mots je bruissais d'illusions  depuis les fantômes chancellent aux yeux d'une mise au monde  à la sortie d'une prison de la parole les choses sèches s'enveloppent d'un peu de chaux  il y a une longue allée qui consiste toujours à sentir  je passe à toi-même à toi et en moi-même  à la source  les nuits d'azur s'étirent en double


mercredi 13 février 2019

Séance

ce n'est pas seulement le bruit métallique d'une résistance qui heurte une résonance  sur la porte il y a des broderies de paroles au fil de fer qui chahutent quand on tend l'oreille   quelque chose fait écho par ce soulèvement d'arabesques   l'image tourne et retourne comme un sautoir de perles sanguines qui dans sa tourmente souligne un fer de lance   l'onde acoustique entre dans son origine  traverse le coeur épais  on entend des nuits entières de silence mais ce qui est or rouge chuchote dans ses sillons   on répète des nuits entières de silence et de sursis dans une poignée en lambeaux   encore  elle s'assourdit de tout ce vacarme sentimental


vendredi 8 février 2019

Incomplétude

un air de balade insufflé par une conjuration  mais ni envoûtement ni allure d'influence  un air en marge de soi  clairement la poésie se frayait un nouveau lieu   c'était un matin encore ardoise  le chant habité de l'oiseau revenait à la même place qu'il s'était fait sur le ramage conditionnel de l'arbre
― une évidence ? ― non !   
quelque chose se transportait par la lecture aérée de l'incomplétude  un quartier de lune maudit avait ri au nez des astres  le temps d'une absence  un souffle conscient se découvrait   c'était un fait indicible à une heure crayeuse contre toute attente  sur le tableau noir de l'expérience


vendredi 1 février 2019

Le point ému de la figure

tu quitteras mon paysage  tu ne lui emprunteras plus ni l'air ni l'odeur  pas le moindre petit passage de jeu dans le nectar d'une terre  dans le délire de l'horizon les heures froides ruissellent   tu te couvriras du sang-mot sur une route plus accidentée que mon usine à lettres  la vitesse du corps dévorera la veine de ton costume d'homme   tu disparaîtras de ton cortège mirage et sous ton lampadaire malade il ne restera que des vers blancs réprimés comme toutes les infimes lucioles de la folie   l'énergie de la nuit délirée aussi   tes hauts silences seront entrelacés à l'écriture indélébile de mes gestes    tu liras la présence de ton absence  la falaise de tes mensonges  tu t'essaieras une charade humaine  les souvenirs en rafales   sans le savoir tu légitimeras mon entêtement son vrai visage et son verbe nu  tout l'intérieur de mon sommeil s'éloignera de toi et je me réveillerai la fièvre nouvelle, gardée de délicatesse et d'une joie excessive



mercredi 23 janvier 2019

Armée

peut-être parce que je suis née pour rester en moi au lieu de vivre  le passé sert de branche sur laquelle j'observe le présent  dès l'aube j'oppose les sens perdre et garder   la vue d'une histoire à la hauteur    je me fonds à l'écorce de mon semblable — comme ça — je cache les paupières cristallisées par le rêve d'enfant   des yeux couleur armée


vendredi 18 janvier 2019

Fragile

il faut partir où aller  par la beauté et par les signes  comme une longue phrase inapprochable  muette la poudre cendrée  infime des entrailles  sortir du décor tissé de pierres   tailler l'ouverture après la série de nouages  mais avant écouter le râle des illusions vermeilles   imprenable brûlure   lire la citation et la main du regard   ce que nous ne pouvons écrire   elle devenue sans l'autre — revenante ou telle — quelques feuilles patientes dans une cavité    et son récit fragile


dimanche 13 janvier 2019

Corps

j'aime le matin  c'est une image récurrente qui le rend visible  c'est aussi le corps encore allongé quand la nuit reste encore un peu  la rondeur de la pénombre lovée au nouveau jour  un pan de liberté gonflé de mélancolie  les bras levés les mains en tête de cygne   une absence arpentée près du cou   la contradiction de l'imagination là où il y a l'oubli du jeu  la réalité consistante à l'esprit   le mince symbole manifeste  chacun de nous dans la mesure d'ombre et de lumière et l'immensurable bruissant à l'épreuve   quand chasser l'onde livide par les palmes exprimées la nuit  le corps le matin toujours à sa place a son habitude


vendredi 11 janvier 2019

Turbulence


la turbulence en soi serait  comme porter des pensées dissidentes  à demi-mot s'entendre partir  mais partir plus près de soi   ou bien s'entrelacer   s'entrelacer doublement au rythme   danser au mot près à la dérive


samedi 5 janvier 2019

Limpide

laissée froide par l'eau de neige  la nuit blanche du rêve compose l'air impassible de la lampe à côté d'elle  les rythmes et les silences vont de pair  ce qui s'écoule de l'espace n'est pas le temps  mais après l'heure attendue le retard éclaire  les mots allongés se noient dans l'oubli   longuement est une paresse comme l'hiver est une dispute limpide avec la lumière


lundi 31 décembre 2018

Ligature

sur les lèvres sèches  les lettres espacées leur enveloppe nue  dans le fond des traits imagés sous l'orage d'hier  une promesse incolore entre quatre murailles  l'obsession oblongue   aux premières lueurs de conscience les failles se referment  l'origine parvenue au e dans le o


samedi 29 décembre 2018

Réverbération

et en un frisson tout me prendre   c'est l'expérience que font les funambules  être une gelée poudreuse en soi et débordante sur le fil de nylon que tend la voix    réverbération en série de sauts de tout le corps   le temps indique la nuit lumineuse et l'imprévisible   j'étais le désordre sans filet affectif   je suis sans répertoire


vendredi 28 décembre 2018

Bang


               j'ai écouté les yeux fermés ————— le mur du son me traverser
                             l'amande fraîche de mon oeil décline


mercredi 26 décembre 2018

Voyelles

      O — Un brouillard troublant  diffus
      A la ronde  peine l'Elan vital mais la main pleine
      Ardente
        — l'Esprit soulève les heures duelles  forge l'Immanence
      Enfin une transition
      O c'est l'Insolence des lieux repliés où meurent les vieux mots 
      Un jour je suis une Autre  une Aimable vérité
      l'Autre nuit où je suis lanterne — je transparais
      Infime photographie pour que sanglote le charme  rayon Ultra-violet
      O est l'Indéfini sur mon ventre  le grain d'une ébauche Incompréhensible
      Une grimace dans le miroir  l'Inconnu vient et trébuche à mes yeux
      Aux Entrailles se dénote le poème éprouvé de Rimbaud