Elle n'était pas chercheuse. D'ailleurs, cela faisait plusieurs années qu'elle avait laissé l'idée et l'intrigue s'enchevêtrer au néant. Non, elle ne cherchait plus, la passion avait quitté le corps et en elle, la voix s'estompait. Tout à l'intérieur comme décomposées, les perspectives d'avenir se disputaient l'absurde. Cela devenait un aveu indésirable en matière de sens. Elle n'était pas non plus une formidable figure de proue sous le beaupré d'un nom. Chaque mouvement visible était orphelin. Personne donc, pas même l'écho de sa propre parole, ne répondait à la danse des sentiments. Quand il pleuvait, elle volait au vent comme un oiseau en ville, suffisante et trempée au-dessus des ruisseaux. Quand l'attente - par signes - était trop longue, elle cachait la détresse sous la pudeur du texte
« Elle, dans la chambre, elle dort. Elle dort. Vous [le vous implacable qui soit constate, soit maintient l'homme auquel il est adressé dans une obligation précédant toute loi] ne la réveillez pas. Le malheur grandit dans la chambre en même temps que s'étend son sommeil ... Elle se tient toujours dans un sommeil égal ... » —————— Maurice Blanchot, La Communauté inavouable
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dimanche 14 avril 2019
samedi 6 avril 2019
Contradiction
l'obsession devait tourner rance les phalènes en papier ont aguerri l'habitude c'est la certitude décomposée qu'il fallait sentir d'une parole à l'autre dételer le désir des choses troubles mais tout au fond c'est une aporie ce qui après le lever du soleil devait s'incarner en d'autres termes d'une jetée de mots le droit à la contradiction
vendredi 29 mars 2019
Lumière
je relève la tête la lumière en chemin est invisible toutes les lumières désirables sont de toute façon invisibles le poème s'effrite sur le chemin de cette invisibilité une chanson fait la boucle sur un bout de film inversible il y a des coupures d'images encore muettes comme des lamelles noires qui pourraient habiller mes paupières et me cacher de cette lumière froide
vendredi 15 mars 2019
Film
partir de la terrasse mi-ruine mi-nébuleuse à cet endroit ce n'est plus qu'une levée de terre battue par-delà les armées hagardes c'est aussi l'étrange d'une forme inéluctable réfléchie à elle-même l'ultra-violet du paysage est sans limite en somme rien n'est plus sensible et se transcrit ainsi les aurores magnétiques sont devenues l'oubli dans les trains de nuit le gouffre a pesé sur le rêve et c'est ainsi quelque chose part et emporte les corps écaillés il reste seulement une compagnie intouchable sur le flanc des lèvres telles des miettes et des poussières le film invisible du premier cri
dimanche 10 mars 2019
Zone
Encore quelques mots photographiés du débarcadère mais sans écriteau annonciateur on ne verra plus de lois physiques sur la jetée un corps n'a plus de nom la charpente de l'endroit est d'une telle façon dressée en mine lumineuse elle tamise goutte à goutte l'écoulement de l'algèbre amoureux et chaque goutte promène sa barque impérieuse et destinée derrière la force du soulèvement du coeur le bruit bas de l'île ne se nomme plus c'est une excursion en zone intérieure
dimanche 3 mars 2019
Mars
un bruit sec puis le silence précipité sous la nuit frileuse où rien n'échappe aux sens des sarments de coeur se brisent l'histoire éperdue gagnée par Mars ne sera plus un jeu au fond de cette imagerie sentimentale on ne pourra voir qu'un amas de fibres tortueuses qui sous la forme d'un nid paisible aura consenti à l'enfer à tailler en allumettes le tapis de feuilles manuscrites à mettre l'amour au carreau pour dépeindre la vie
mercredi 27 février 2019
Volute
je sais l'ombre descendante je sais l'éclat net au beau milieu d'un passage ce qui arrive à la surface quand il a plu dans la lumière des jours fébriles regarder la faille jusqu'au déchirement des heures chiffrées qui s'effacent derrière la ligne d'horizon une volute en trajectoire ni trace blanche ni corps modelé à la sortie
vendredi 22 février 2019
Double
Oublie-moi en passante sur les lattes d'une clôture n'entends-tu pas la musique du silence parcourir tes organes ? j'étais morte sur images dans un écrin de souvenirs dedans l'air était aride en manque de mots je bruissais d'illusions depuis les fantômes chancellent aux yeux d'une mise au monde à la sortie d'une prison de la parole les choses sèches s'enveloppent d'un peu de chaux il y a une longue allée qui consiste toujours à sentir je passe à toi-même à toi et en moi-même à la source les nuits d'azur s'étirent en double
mercredi 13 février 2019
Séance
ce n'est pas seulement le bruit métallique d'une résistance qui heurte une résonance sur la porte il y a des broderies de paroles au fil de fer qui chahutent quand on tend l'oreille quelque chose fait écho par ce soulèvement d'arabesques l'image tourne et retourne comme un sautoir de perles sanguines qui dans sa tourmente souligne un fer de lance l'onde acoustique entre dans son origine traverse le coeur épais on entend des nuits entières de silence mais ce qui est or rouge chuchote dans ses sillons on répète des nuits entières de silence et de sursis dans une poignée en lambeaux encore elle s'assourdit de tout ce vacarme sentimental
vendredi 8 février 2019
Incomplétude
un air de balade insufflé par une conjuration mais ni envoûtement ni allure d'influence un air en marge de soi clairement la poésie se frayait un nouveau lieu c'était un matin encore ardoise le chant habité de l'oiseau revenait à la même place qu'il s'était fait sur le ramage conditionnel de l'arbre
― une évidence ? ― non !
quelque chose se transportait par la lecture aérée de l'incomplétude un quartier de lune maudit avait ri au nez des astres le temps d'une absence un souffle conscient se découvrait c'était un fait indicible à une heure crayeuse contre toute attente sur le tableau noir de l'expérience
― une évidence ? ― non !
quelque chose se transportait par la lecture aérée de l'incomplétude un quartier de lune maudit avait ri au nez des astres le temps d'une absence un souffle conscient se découvrait c'était un fait indicible à une heure crayeuse contre toute attente sur le tableau noir de l'expérience
vendredi 1 février 2019
Le point ému de la figure
tu quitteras mon paysage tu ne lui emprunteras plus ni l'air ni l'odeur pas le moindre petit passage de jeu dans le nectar d'une terre dans le délire de l'horizon les heures froides ruissellent tu te couvriras du sang-mot sur une route plus accidentée que mon usine à lettres la vitesse du corps dévorera la veine de ton costume d'homme tu disparaîtras de ton cortège mirage et sous ton lampadaire malade il ne restera que des vers blancs réprimés comme toutes les infimes lucioles de la folie l'énergie de la nuit délirée aussi tes hauts silences seront entrelacés à l'écriture indélébile de mes gestes tu liras la présence de ton absence la falaise de tes mensonges tu t'essaieras une charade humaine les souvenirs en rafales sans le savoir tu légitimeras mon entêtement son vrai visage et son verbe nu tout l'intérieur de mon sommeil s'éloignera de toi et je me réveillerai la fièvre nouvelle, gardée de délicatesse et d'une joie excessive
mercredi 23 janvier 2019
Armée
peut-être parce que je suis née pour rester en moi au lieu de vivre le passé sert de branche sur laquelle j'observe le présent dès l'aube j'oppose les sens perdre et garder la vue d'une histoire à la hauteur je me fonds à l'écorce de mon semblable — comme ça — je cache les paupières cristallisées par le rêve d'enfant des yeux couleur armée
vendredi 18 janvier 2019
Fragile
il faut partir où aller par la beauté et par les signes comme une longue phrase inapprochable muette la poudre cendrée infime des entrailles sortir du décor tissé de pierres tailler l'ouverture après la série de nouages mais avant écouter le râle des illusions vermeilles imprenable brûlure lire la citation et la main du regard ce que nous ne pouvons écrire elle devenue sans l'autre — revenante ou telle — quelques feuilles patientes dans une cavité et son récit fragile
dimanche 13 janvier 2019
Corps
j'aime le matin c'est une image récurrente qui le rend visible c'est aussi le corps encore allongé quand la nuit reste encore un peu la rondeur de la pénombre lovée au nouveau jour un pan de liberté gonflé de mélancolie les bras levés les mains en tête de cygne une absence arpentée près du cou la contradiction de l'imagination là où il y a l'oubli du jeu la réalité consistante à l'esprit le mince symbole manifeste chacun de nous dans la mesure d'ombre et de lumière et l'immensurable bruissant à l'épreuve quand chasser l'onde livide par les palmes exprimées la nuit le corps le matin toujours à sa place a son habitude
vendredi 11 janvier 2019
Turbulence
la turbulence en soi serait comme porter des pensées dissidentes à demi-mot s'entendre partir mais partir plus près de soi ou bien s'entrelacer s'entrelacer doublement au rythme danser au mot près à la dérive
samedi 5 janvier 2019
Limpide
laissée froide par l'eau de neige la nuit blanche du rêve compose l'air impassible de la lampe à côté d'elle les rythmes et les silences vont de pair ce qui s'écoule de l'espace n'est pas le temps mais après l'heure attendue le retard éclaire les mots allongés se noient dans l'oubli longuement est une paresse comme l'hiver est une dispute limpide avec la lumière
lundi 31 décembre 2018
Ligature
sur les lèvres sèches les lettres espacées leur enveloppe nue dans le fond des traits imagés sous l'orage d'hier une promesse incolore entre quatre murailles l'obsession oblongue aux premières lueurs de conscience les failles se referment l'origine parvenue au e dans le o
samedi 29 décembre 2018
Réverbération
et en un frisson tout me prendre c'est l'expérience que font les funambules être une gelée poudreuse en soi et débordante sur le fil de nylon que tend la voix réverbération en série de sauts de tout le corps le temps indique la nuit lumineuse et l'imprévisible j'étais le désordre sans filet affectif je suis sans répertoire
vendredi 28 décembre 2018
Bang
j'ai écouté les yeux fermés ————— le mur du son me traverser
l'amande fraîche de mon oeil décline
mercredi 26 décembre 2018
Voyelles
O — Un brouillard troublant diffus
A la ronde peine l'Elan vital mais la main pleine
Ardente
— l'Esprit soulève les heures duelles forge l'Immanence
Enfin une transition
O c'est l'Insolence des lieux repliés où meurent les vieux mots
Un jour je suis une Autre une Aimable vérité
l'Autre nuit où je suis lanterne — je transparais
Infime photographie pour que sanglote le charme rayon Ultra-violet
O est l'Indéfini sur mon ventre le grain d'une ébauche Incompréhensible
Une grimace dans le miroir l'Inconnu vient et trébuche à mes yeux
Aux Entrailles se dénote le poème éprouvé de Rimbaud
A la ronde peine l'Elan vital mais la main pleine
Ardente
— l'Esprit soulève les heures duelles forge l'Immanence
Enfin une transition
O c'est l'Insolence des lieux repliés où meurent les vieux mots
Un jour je suis une Autre une Aimable vérité
l'Autre nuit où je suis lanterne — je transparais
Infime photographie pour que sanglote le charme rayon Ultra-violet
O est l'Indéfini sur mon ventre le grain d'une ébauche Incompréhensible
Une grimace dans le miroir l'Inconnu vient et trébuche à mes yeux
Aux Entrailles se dénote le poème éprouvé de Rimbaud
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